Sylvain TESSON, Berezina

Il aide le lecteur, par ce récit, à imaginer ce qu’ont pu vivre les soldats de l’empereur. On reste abasourdi par la folie du projet consistant à conquérir Moscou…

Cela cadre bien avec le thème de mon blog, faisant du passé et du présent des éléments qui se répondent et qui s’enrichissent mutuellement.

Des préceptes de vie et des commentaires parfois obscurs continuent d’interroger sur la philosophie de cet auteur atypique qui n’hésite pas, comme tout bon voyageur à aller très loin, trop loin ?

« Nous passâmes sous le ministère de la prédation fiscale, à Bercy ».

« En France tout le monde se fout des grognards. Ils sont tous occupés avec le calendrier maya. Ils parlent de la « fin du monde » sans voir que le monde est déjà mort ».

Sylvain Tesson c’est ça, un trait d’union entre les copains de boissons et les voyages.

On aurait aimé qu’un bon copain buveur de vodka lui dise « là, Sylvain, tu vas peut-être trop loin ou trop vite », mais Sylvain va vite et fort, il est comme ça… Comme Napoléon, qui, en homme pressé, rejoint Moscou à marche forcée : « il est lui en calèche, chaise de poste… à l’abri des intempéries et de la fatigue excessive… ».

Napoléon est un dictateur qui est poussé toujours plus loin, qui a trop d’ennemis à contrôler et un orgueil immense… N’avait-il pas « offert les Pyramides en 1798, la Rhénanie en 1805, les portes de Madrid en 1808, les plaines de Hollande en 1810. Il avait mis à genoux l’Angleterre en 1802. ».

Voyage étonnant qui, comme une autre errance dans un monde inconnu et hostile, refait le chemin des pauvres grognards, se donnant un objectif afin de méditer sur la dureté des temps et de l’histoire. Ce faisant il se glisse dans le paysage médiatique aimant les célébrations et anniversaires car ce voyage réalisé en 2012 commémore le bicentenaire de cette horrible campagne de juin à décembre 1812.

Des aphorismes douteux mais aussi des trouvailles langagières sympathiques : « ils se revanchaient du siècle rouge… », « ils ne pensaient pas que les États-Unis avaient vocation à s’impatroniser dans les marches de l’ex-URSS ».

A découvrir pour la démarche atypique et historiquement productive si on y ajoute le recul nécessaire.

Note avis bibliofeel mars 2019, Sylvain TESSON, Berezina

2 commentaires sur “Sylvain TESSON, Berezina

    1. Je comprends tout à fait car il m’irrite quelquefois mais je trouve qu’il sait faire vivre ses récits. J’avais beaucoup aimé « Dans les forêts de Sibérie »… Je crois que la littérature à besoin de tels auteurs proches de la nature et capables de se faire entendre.

      Aimé par 1 personne

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